Les médias sont un facteur important de la représentation du genre aujourd’hui. En effet, en véhiculant des informations, on se fait une certaine image des genres. Mais comment ces représentations ont-elles évolué au cours des deux dernières décennies ?

La parité ? On s’en approche…

Sur les vingt dernières années, la plupart des médias se sont rapprochés de la parité, aussi bien par rapport à la visibilité des genres que par rapport à leur présence dans les métiers liés aux médias. Par exemple, alors que les femmes n’étaient que 43% des détenteurs de carte de presse en 2012, elles sont 48% en 2022 d’après la CCIJP (Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels). Autre exemple, à la radio cette fois, on remarque que les femmes s’expriment de plus en plus. En effet, d’après des études du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), la part d’expression des femmes à la radio a progressé de 9 points, entre 2001 et 2018, pour finalement atteindre 34%. Les deux genres sont autant représentés dans les publicités en 2017, d’après une étude de l’Arcom. Enfin, d’après le GMMP (Global Media Monitoring Project), les femmes représentaient en 2020 25% des personnes visibles ou audibles dans les actualités, contre seulement 17% en 1995.

…mais il reste encore du chemin

Cependant, ces progrès sont nuançables, puisqu’il reste dans les faits de nombreuses inégalités. D’abord, les femmes sont certes de plus en plus présentes dans les métiers liés aux médias, mais occupent toujours aussi rarement des fonctions importantes. Par exemple, les fonctions de direction sont aux deux tiers occupés par des hommes, une valeur qui a peu diminué. On appelle cela le plafond de verre. Parmi les autres progrès nuançables, on retrouve l’augmentation de la présence des femmes dans les médias (ici, on parle des femmes que l’on voit, entend…). En effet, bien qu’il y ait une augmentation de la visibilité des femmes dans les médias, cette augmentation est aujourd’hui très amoindrie. En 2010, 24% des personnes visibles dans les actualités étaient des femmes, un chiffre qui n’augmente que de 1 points en l’espace de 10 ans. Et la liste de ces problèmes de parité persistants est encore longue. Que ce soit les fictions diffusées à la télévision, qui sont encore en grand majorité réalisée par des hommes (9 fictions sur 10, d’après une étude de l’INA), ou la présence des femmes dans le domaine sportif qui restent inférieure à 15%, il reste de nombreuses inégalités vis-à-vis des genres dans les médias, puisque les femmes sont sous-représentées presque partout.

Une représentation des genres très stéréotypée

La représentation des genres dans les médias est toujours extrêmement stéréotypée. Déjà à la télévision, avec certaines publicités, des programmes de télé-réalité et d’autres émissions qu’il serait trop long d’énumérer ici, on observe que la femme reste soit une femme-objet, attachée à son foyer, passive, soit sexualisée. Alors, si ces constats ne concernent pas tous les types de programmes, loin de là, ils ne devraient tout de même pas être présents dans la société actuelle. La publicité en général conserve par ailleurs bon nombre de visions sexistes des genres. A la radio, on ne voit pas les gens, donc il est plus difficile de véhiculer des clichés sexistes, mais c’est tout de même possible. Quant à la presse, la publicité reste un moyen efficace de transmettre des stéréotypes. Cependant, cette représentation erronée et conservatrice est moins présente qu’avant, même si elle persiste. En effet, des publicités tentent de déconstruire ces stéréotypes (plus ou moins habilement, mais c’est l’intention qui compte).

Ainsi, la représentation des genres dans les médias évolue vers un modèle plus proche de la réalité, aussi bien du point de vue des stéréotypes que de la parité. Cependant, cette longue quête est encore loin d’être achevée, puisque des inégalités et des stéréotypes persistent dans les médias. Cependant, les genres ne sont pas les seuls à pâtir de ce manque de diversité. C’est aussi le cas pour les personnes considérées comme non-blanche, handicapées, en situation de précarité, et d’autres…

Je vous remercie d’avoir lu cet article, et j’espère qu’il vous aura intéressé. Sinon, je vous invite à lire un autre article du site (si oui aussi, d’ailleurs).

Parce que tout bon article a ses sources (les mauvais aussi), voici les miennes : Les rapports du GMMP de 2020 et 2015, des articles et études divers et variés de l’INA, le site du CCIJP et des rapports du CSA